Niveaux de référence récents

En 2024, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) en France atteint 3 723 euros par habitant, pour 254,8 milliards d’euros, soit 8,7% du PIB. Ce chiffre est la référence centrale utilisée par la DREES et l’Insee pour mesurer le « coût de la santé » au sens soins et biens médicaux pour chaque Français.(mcci)

Par ailleurs, si l’on raisonne en « dépense courante de santé » au sens international (qui inclut prévention, soins de longue durée, gestion, etc.), la dépense par habitant se situe déjà autour de 4 600–4 700 euros en 2022, ce qui positionne la France dans le haut du classement OCDE. Les années suivantes prolongent cette tendance haussière, sous l’effet du vieillissement démographique, du coût du médicament et de l’intensité de recours aux soins.(gpm)

Projection raisonnable pour 2026

La CSBM a augmenté de 4,8% en 2023 puis de 3,7% en 2024, avec une croissance en volume plus rapide que l’inflation des prix de santé. Si l’on prolonge cette dynamique avec des hausses annuelles de l’ordre de 3 à 4% en valeur, la dépense de soins et biens médicaux par habitant en 2026 se situerait vraisemblablement dans une fourchette d’environ 3 900 à 4 100 euros par personne (ordre de grandeur, non chiffre officiel). En dépense courante de santé totale, on approcherait ainsi des 5 000 euros par habitant, compte tenu des niveaux déjà atteints en 2022 et de l’augmentation continue du poids de la santé dans le PIB (environ 12%).(oecd)

Facteurs qui tirent le coût vers le haut

Plusieurs moteurs expliquent la hausse attendue en 2025–2026 :

  • Vieillissement de la population, donc plus de pathologies chroniques, d’hospitalisations et de soins de longue durée.(gpm)
  • Progrès médicaux et technologiques (imagerie, biothérapies, dispositifs médicaux) qui améliorent la prise en charge mais renchérissent le coût unitaire des traitements.(insee)
  • Hausse des volumes de soins de ville (consultations, auxiliaires médicaux, soins dentaires) après la période Covid, avec un rattrapage des retards de prise en charge.(verspieren)
  • Inflation générale, qui affecte les salaires hospitaliers, les prix des médicaments et les coûts de fonctionnement des établissements.(insee)

Ces éléments conduisent les lois de financement de la Sécurité sociale et les travaux du Sénat ou du Haut Conseil aux finances publiques à anticiper des dépenses de santé encore en hausse en 2026, en particulier sur l’hôpital et certains postes de soins de ville.(alternatives-economiques)

Impact pour les ménages

Malgré ce coût global élevé, le reste à charge moyen des ménages reste limité grâce au couple Assurance maladie + complémentaires santé : autour de 290 euros par an en moyenne par personne en 2024, en progression par rapport à 2023. Les réformes budgétaires prévues pour 2026 (hausse de certains tickets modérateurs, franchises, etc.) visent toutefois à transférer une partie de la dépense vers les ménages, pour un montant estimé à plusieurs milliards d’euros sur deux ans.(senat)

Rôle des assurances et du financement

  • Croissance du coût et du poids des complémentaires santé, dont les primes augmentent sous l’effet des revalorisations médicales et des réformes (dont 100% santé).
  • Mouvements de transfert financier entre assurance maladie obligatoire, complémentaires et ménages (franchises, participations forfaitaires, baisse de certains taux de remboursement), qui ne réduisent pas la dépense totale mais modifient qui paie quoi.

Autres raisons et solutions possibles

Des pistes méritent aussi d’être explorées, qu’elles relèvent de l’organisation des soins, de la relation patient-praticien ou encore du soutien institutionnel.

Voici quelques mesures complémentaires qui pourraient renforcer la résilience du système.

  • Optimiser la communication avec les patients sur les coûts avant les soins, pour éviter les malentendus et renforcer la transparence.
  • Renforcer la coopération avec les complémentaires santé locales pour développer des partenariats plus adaptés aux réalités de terrain.
  • Suivre régulièrement l’évolution réglementaire et les aides éventuelles proposées par l’État ou les collectivités.

Oui, la santé coûte de plus en plus cher. Mais il est possible d’agir pour éviter que cette réalité ne se transforme en fatalité.
En adoptant de nouvelles pratiques, en explorant des modèles innovants et en accompagnant les patients dans la gestion de leurs dépenses, les praticiens de santé peuvent contribuer à préserver ce système de santé français auquel nous tenons tant.

L’enjeu est collectif : faire évoluer les usages pour garantir un accès équitable aux soins pour tous.