Le Tiers Payant intégral et l’avance de frais proposent deux visions opposées du paiement des soins, avec des effets majeurs sur l’accès aux soins et sur la trésorerie des soignants.
1. Rappels : tiers payant intégral vs avance de frais
Le tiers payant est un dispositif qui permet au patient de ne pas avancer tout ou partie des frais de santé : le professionnel est directement payé par l’Assurance maladie et, le cas échéant, par la complémentaire. Dans le cas du tiers payant intégral, le patient n’avance aucun montant sur la part Sécurité sociale ni sur la part mutuelle, et ne reste redevable que d’éventuelles franchises ou dépassements non couverts. À l’inverse, en l’absence de tiers payant, le patient règle la totalité de la consultation ou de l’acte, puis se fait rembourser a posteriori par l’Assurance maladie et sa complémentaire selon les garanties souscrites. Cette avance de frais suppose donc de disposer d’une trésorerie personnelle suffisante pour absorber le délai de remboursement, qui peut susciter des difficultés financières pour certains assurés.
2. Impact sur le renoncement aux soins
Le tiers payant intégral réduit fortement le frein financier immédiat : le patient n’a plus à sortir d’argent au moment du soin, ce qui facilite l’accès pour les ménages modestes ou en situation de fragilité de trésorerie. En limitant l’avance de frais à zéro pour la part couverte par l’Assurance maladie et la mutuelle, il diminue le risque de reporter une consultation ou un examen pour des raisons de budget, notamment pour les soins courants (médecin généraliste, pharmacie, analyses). À l’inverse, lorsque le patient doit avancer la totalité des frais, même s’il sait qu’il sera remboursé plus tard, la dépense immédiate peut conduire à différer un soin ou à y renoncer, en particulier pour des montants élevés (consultations spécialisées, équipements optiques, dentaires ou audioprothèses). Les dispositifs complémentaires de type « carte d’avance des frais de Santé », qui débitent le compte après les remboursements, montrent d’ailleurs qu’une partie de la population a besoin d’outils dédiés pour ne pas renoncer aux soins faute de liquidités. Toutefois, même avec tiers payant intégral, le reste à charge sur les dépassements ou actes non remboursés continue de générer du renoncement, la couverture contractuelle demeurant un facteur clé.
3. Effets sur la trésorerie des professionnels de santé
Pour les soignants, le tiers payant intégral modifie la relation de paiement : ils ne perçoivent plus le règlement directement du patient mais dépendent des flux versés par l’Assurance maladie et les complémentaires, avec des délais et une complexité administrative. Un tiers payant bien géré, avec télétransmission fiable et droits à jour, permet un règlement automatisé relativement rapide, mais la moindre anomalie (droits non ouverts, contrat non reconnu, acte non éligible) peut entraîner des rejets, des relances et donc des retards de paiement. L’avance de frais, elle, sécurise immédiatement la trésorerie du professionnel : il encaisse le montant en direct, puis la charge de recouvrement repose sur l’Assurance maladie et la mutuelle vis‑à‑vis du patient, non sur le soignant. Cette différence explique que certains praticiens soient réticents à pratiquer le tiers payant au‑delà des cas obligatoires, par crainte d’impayés, de délais plus longs ou de surcroît administratif. Les solutions de type carte « d’avance des frais de Santé », qui fonctionnent comme un paiement différé via carte bancaire, cherchent justement à concilier absence d’avance pour le patient et simplicité d’encaissement standard pour le professionnel.
4. Enjeux d’équilibre et pistes d’évolution
Sur le plan de la politique de santé, le tiers payant intégral apparaît comme un levier puissant de réduction des inégalités d’accès, mais il nécessite des systèmes d’information robustes et une organisation qui garantissent des paiements rapides et fiables aux soignants. L’enjeu est de limiter les situations où l’absence de droits à jour ou de convention de tiers payant oblige le praticien à redevenir collecteur direct, créant un décalage entre la promesse de « zéro avance » et la réalité du terrain. Pour préserver la trésorerie des professionnels, des mécanismes de garantie de paiement, de simplification des télétransmissions et de clarification des conventions avec les réseaux de soins sont nécessaires, afin de rendre le tiers payant attractif et peu risqué. Parallèlement, des solutions hybrides – cartes d’avance, paiements fractionnés sécurisés, plafonds de reste à charge – comme le propose MY HEALTHY peuvent compléter le tiers payant pour les actes coûteux ou mal remboursés, en évitant à la fois le renoncement et la fragilisation financière des cabinets. En pratique, l’équilibre recherché consiste à faire disparaître l’obstacle de l’avance de frais pour le patient tout en assurant aux soignants une visibilité, une rapidité et une sécurité de paiement équivalentes, voire supérieures, à l’encaissement direct.
Sources : identites-mutuelle ,magnolia, reassurez-moi, lecomparateurassurance , ag2rlamondiale

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